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Marché du travail à Mayotte : les chiffres après Chido 

by seo technova
septembre 21, 2026
in Business
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Marché du travail à Mayotte : les chiffres après Chido 
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Comment évolue réellement l’emploi à Mayotte après le passage du cyclone Chido ? Derrière la baisse apparente du chômage en 2025, les dernières données mettent en évidence une situation beaucoup plus fragile, marquée par le recul de l’emploi, le découragement des demandeurs et les difficultés persistantes du secteur privé.

Les actualités Mayotte aujourd’hui révèlent un emploi fragile

Les actualités Mayotte aujourd’hui mettent en lumière une situation professionnelle particulièrement contrastée. Selon les données présentées par l’Insee le 11 septembre 2026, le taux de chômage a reculé de quatre points entre 2024 et 2025. À première vue, cette évolution pourrait laisser penser que le marché du travail s’améliore. Pourtant, cette lecture doit être nuancée.

Le principal problème vient de la manière dont le chômage est comptabilisé. Les critères du Bureau international du travail sont très précis : une personne doit être sans emploi, rechercher activement un travail et être disponible rapidement pour être considérée comme chômeuse. Or, après le cyclone Chido, survenu le 14 décembre 2024, de nombreux habitants ont interrompu leurs démarches professionnelles.

Les dégâts matériels, les difficultés de logement et les perturbations logistiques ont profondément bouleversé le quotidien. Certains demandeurs d’emploi ont ainsi cessé leurs recherches sans pour autant retrouver une activité. Ils sortent alors des statistiques officielles du chômage, mais restent éloignés de l’emploi.

Le recul du chômage masque une réalité plus préoccupante

La baisse du chômage ne signifie donc pas forcément que davantage de Mahorais ont retrouvé un emploi. En 2025, seulement 30 % des personnes âgées de 15 à 64 ans occupent un emploi rémunéré à Mayotte. Ce taux est en recul de deux points sur un an et reste très inférieur à celui observé dans l’Hexagone, où il atteint 70 %, ainsi qu’à celui de La Réunion, établi à 50 %.

Cette faiblesse du taux d’emploi concerne plusieurs catégories de la population. Les hommes sont particulièrement touchés : leur taux d’emploi est passé à 39 %, alors qu’il atteignait encore 45 % dix ans auparavant. Les personnes âgées de 50 à 64 ans connaissent également une évolution défavorable. Leur part parmi les actifs occupés est passée de 52 % en 2014 à 41 % en 2025.

Ces chiffres montrent que les difficultés ne datent pas uniquement du passage du cyclone. Chido a accentué des fragilités déjà présentes sur le territoire. La reconstruction peut générer de nouvelles activités, mais elle ne suffit pas à corriger toutes les faiblesses structurelles du marché du travail mahorais.

Le halo du chômage prend une ampleur considérable

Une autre donnée permet de mieux comprendre cette situation : le poids du « halo autour du chômage ». Il regroupe les personnes qui souhaitent travailler, mais qui ne répondent plus à tous les critères permettant d’être comptabilisées comme chômeuses.

À Mayotte, cette catégorie représente désormais 28 % des 15-64 ans. La différence avec l’Hexagone est particulièrement importante, puisque le taux y atteint seulement 4,2 %. Le phénomène s’est également fortement amplifié en un an, avec 11 100 personnes supplémentaires ayant rejoint ce groupe.

Cette évolution traduit notamment le découragement de personnes qui souhaitent accéder à un emploi mais qui se heurtent à un nombre limité d’opportunités. Les conséquences du cyclone ont pu renforcer ce décrochage en interrompant les démarches professionnelles et en aggravant les difficultés matérielles.

En additionnant les personnes appartenant au halo et les 18 000 chômeurs officiellement recensés selon les critères du BIT, environ 68 300 Mahorais seraient sans emploi tout en souhaitant travailler. Ce chiffre donne une image beaucoup plus complète des difficultés rencontrées sur le territoire.

Le secteur public occupe une place majeure

Le marché du travail mahorais présente également une particularité importante : le poids du secteur public. Selon les données issues des déclarations sociales nominatives pour 2024, Mayotte comptait 51 100 emplois salariés répartis dans 3 220 établissements au 31 décembre.

Parmi ces salariés, 53 % travaillent dans le secteur public. Cette proportion est nettement supérieure à celle observée au niveau national, où elle s’établit à 22 %, mais aussi à celle de La Réunion, avec 31 %.

Cette forte présence du secteur public s’explique aussi par la faiblesse du secteur privé. Elle ne signifie pas nécessairement que Mayotte souffre d’une administration trop importante, puisque le taux d’encadrement par habitant demeure inférieur aux standards nationaux. Elle illustre plutôt les difficultés rencontrées par l’économie marchande pour créer suffisamment d’emplois.

Le développement d’un tissu entrepreneurial plus diversifié représente donc un enjeu majeur pour réduire la dépendance à l’emploi public et favoriser une dynamique économique plus équilibrée.

Commerce et construction soutiennent l’activité privée

Dans le secteur privé, certaines activités jouent un rôle particulièrement important. Le commerce représente 17 % des postes salariés, tandis que la construction en concentre 16 %. À eux deux, ces secteurs regroupent environ un tiers des effectifs du secteur marchand.

La construction occupe une place particulière dans le contexte actuel. Les besoins liés à la reconstruction après le cyclone Chido ont contribué à renforcer son poids dans l’économie locale. Sa part dans l’emploi privé est ainsi deux fois supérieure à celle observée dans l’Hexagone.

Cette dynamique ne doit toutefois pas faire oublier la fragilité du tissu entrepreneurial. Parmi les salariés du privé, 62 % travaillent dans des structures comptant moins de 50 employés. Les entreprises de 250 salariés ou plus ne représentent quant à elles que 5 % des postes marchands, contre 20 % à l’échelle nationale.

Le marché privé reste donc composé majoritairement de petites structures, avec une capacité de recrutement et de développement qui peut être limitée.

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